Connaissez-vous ce village de la campagne française, sans doute en Aquitaine ? Il flotte en plein océan Atlantique ! Là, vit une éternelle petite fille de douze ans qui ne peut ni vivre ni mourir, ni aimer ni grandir…

Jules Supervielle 1884-1960, poète, publie des contes qui nous emportent en des univers étranges, à la fois familiers et étranges. Avec « l’enfant de la haute mer », nous devenons cette enfant, seule, quelque part au milieu de l’Atlantique, à ouvrir et fermer les volets des maisons, à regarder passer ces cargos qui ne veulent pas la voir… S’agit-il de cette enfant née dans la tète d’un matelot « avec une force terrible » un jour qu’il traversait l’Atlantique, cette petite fille de douze ans qu’il avait perdue ?

Parfois, quand je suis en mer, l’histoire me revient en tète, dans son beau texte, lu ici sur France Culture, et dans cette animation créée par des étudiants de Supinfocom en 2000, qui restitue toute l’atmosphère du conte :  Laetitia Gabrielli, Pierre Marteel, Mathieu Renoux et Max Tourret. Musique de René Aubry. 

 

« Marins qui rêvez en haute mer, les coudes appuyés sur la lisse, craignez de penser longtemps dans le noir de la nuit à un visage aimé. Vous risqueriez de donner naissance, dans des lieux essentiellement désertiques, à un être doué de toute la sensibilité humaine et qui ne peut pas vivre ni mourir, ni aimer, et souffre pourtant comme s’il vivait, aimait et se trouvait toujours sur le point de mourir, un être infiniment déshérité dans les solitudes aquatiques, comme cette enfant de l’Océan… »